L’Afrique l’éternelle dominée (2)

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Découvrez la suite de notre reportage sur la présentation, à L’Horloge du Sud – Bruxelles, du livre, “Le Manuel Stratégique de l’Afrique“ du sociologue Saïd Bouamama.

Le propre de l’expérience malienne, ce fut la compréhension par Modibo Keita de l’importance de l’économie pour le besoin de la population. L’une des premières mesures de Sekou Touré fut la création de la monnaie guinéenne pour sortir de la domination du Franc CFA. Quant à Julius Nyerere, il n’est pas allé chercher ailleurs la culture d’Ujamah qui a permis la création des dynamiques coopératives dans le monde paysan en Tanzanie.

Ce n’est donc pas faute d’avoir essayé. L’Afrique à quasiment tout tenté. Les expériences sont nombreuses. Sauf qu’elles se sont toujours heurtées à un rapport de force aux conséquences souvent désastreuses : assassinats des leaders, coups d’état et autres….

Les conditions en termes de rapport de force soulignent tout simplement qu’il faudra un regroupement au minimum de plusieurs états pour pouvoir tenir face à l’impérialisme“, relève Saïd Bouamama.

L’Afrique doit s’unir

Aucun pays africain ne peut en effet s’émanciper tout seul. Celui-ci peut commencer, faire des certaines choses… mais dès lors que les intérêts de grandes puissances seront touchés, il s’expose à une réplique foudroyante.

La grande question c’est la capacité des peuples africains à être dans les mêmes dynamiques de résistance. (…) La force de Sankara (Thomas Sankara, l’ancien Chef de l’Etat burkinabè) mais aussi sa faiblesse (…) a été de comprendre qu’il fallait unifier tous les peuples.“

Je ne peux pas rembourser cette dette sinon je mets mon peuple dans la misère, dit-il. Mais si je suis le seul à faire ça, si vous Chefs d’Etats africains vous n’êtes pas ensemble dessus, au prochain sommet, je ne serai pas là‘.

Et bien, effectivement, au prochain sommet il n’était plus là … par ce qu’il avait mis en avant une dette qu’on ne rembourse pas, une dette (audieuse, Ndlr), souligne l’auteur.

Le rapport de force nécessaire à l’émancipation continentale suppose qu’on puisse dépasser les cadres purement nationaux. “Notre conscience doit devenir au moins régionale si ce n’est continentale“, précise Saïd Bouamama.

©Bbp/2019/03/29/JAA

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