Diomi Ndongala recouvre la liberté

L’opposant à l’ancien régime, Eugène Diomi Ndongala, est sorti de la prison centrale de Makala (Kinshasa). Une libération assortie de plusieurs conditions.

M. Diomi ne devra “pas se livrer à des déclarations et activités politiques de nature à troubler l’ordre public et le bon fonctionnement des institutions étatiques“. Il lui est interdit de voyager en dehors du pays et “de se rendre dans le moindre point de sortie du territoire national“. Diomi ne devra pas non plus “se retrouver dans un périmètre de 500 mètres d’une école de filles pendant les heures de cours“. Il devra pour finir « se présenter chaque lundi devant le procureur général près la cour de Cassation ».

Ces mesures restent en vigueur jusqu’au 8 avril 2023, conformément à l’arrêté ministériel signé mercredi par Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice et Garde des Sceaux.

Eugène Diomi Ndongala a été appréhendé en 2013 et inculpé pour viol sur mineure et incitation à la pornographie.

Des militants de l’Udps (Union pour la démocratie et le progrès social, le parti de l’actuel Président de la République dont ce dernier est très proche), estiment que Diomi serait plutôt victime du régime sortant qui voyait en lui un opposant dangereux. Aucune preuve n’a par ailleurs été avancée dans ce sens par la ligne de la défense de l’intéressé.

Franck Diomi et Yangambi dans le groupe

Outre M. Diomi Ndongala, une cinquantaine d’autres prisonniers « politiques » ont aussi bénéficié de la mesure de grâce présidentielle promulguée le 14 mars. L’avocat Firmin Yangambi, président de l’Ong « Paix sur terre« , fait partie de ce groupe. Il a écopé, lui, de 20 ans de prison en 2011. Il a été inculpé de tentative d’organisation d’une insurrection armée.

Sur la liste des bénéficiaires, se retrouve également le nom de Franck Diomi qui a été reconnu, en décembre 2016, coupable de séquestration et torture des agents de l’Etat. En l’occurrence, des éléments de la Garde Républicaine venus l’appréhender dans sa résidence privée, à Kinshasa.

Des analystes politiques comme le Professeur Bob Kabamba de l’Université libre de Liège considère que le Président Tshisekedi se laisse un peu trop à l’écoute de sa base. Un comportement qui ne serait pas sans danger pour la stabilité du Congo, soutient cet universitaire belge d’origine congolaise.

©Bbp/2019/03/JAA

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