Marc Kabund tente de ramener le calme

Les militants udps sont sortis dans la rue, samedi, à Kinshasa et Mbuji Mayi (dans le Kasaï Oriental). Leur frustration est sans mesure après la publication, la veille, des résultats des élections sénatorielles. Interpellée, la direction du parti exige aux députés de s’expliquer sur les raisons de l’échec du parti à ce scrutin.

Lundi, 18/03 – Des militants en colère ont saccagé des biens à la Permanence de l’Udps à Kinshasa-Limete et brulé des pneus dans la capitale congolaise. La résidence d’une dame élue du parti dans la province du Kasaï-Orientale a également été pillée.

Le parti de feu Etienne Tshisekedi dont le fils est devenu Chef de l’Etat, à l’issue des élections du 30 décembre, n’a pu obtenir le moindre siège de sénateur après la proclamation des résultats par la Ceni (la Commission électorale indépendante), vendredi.

Une humiliation pour les militants de ce parti qui se dit « la fille aînée de l’opposition » en RDC. Malgré son alliance avec l’Unc (Union pour la nation congolaise) de Vital Kamerhe, la plateforme CACH (Cap pour le changement), au sein de laquelle se retrouve l’Udps, est arrivée très loin derrière le FCC (le Front commun pour le Congo) de Joseph Kabila. 48 contre 337 élus au FCC de l’ancien Chef de l’Etat, à la députation nationale.

En provinciales, la situation ne va pas mieux non plus pour les hommes du Président Fatshi. Ici, la plateforme FCC de l’ancien Chef de l’Etat a carrément remporté la majorité parlementaire dans 24 des 26 provinces que compte le pays.

L’ultime chance pour le camp de M. Tshisekedi semble s’être définitivement envolée avec la publication par la Ceni des derniers résultats (les sénatoriales).

Se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard

Des mauvaises langues parlent d’ores et déjà de la fin de l’Udps. Martin Fayulu, le candidat malheureux de Lamuka (l’autre branche de l’ancienne opposition à Joseph Kabila) ne s’est d’ailleurs pas empêché d’affirmer, hier sur TV5, que Félix Tshisekedi n’ira pas au bout de ses 5 ans de mandat.

Mais l’Udps n’entend pas se faire démonter. Samedi, juste après les manifestations de la colère de ses militants, la direction a émis un communiqué annonçant que ses députés élus à Kinshasa devraient s’expliquer suite à l’humiliation subie aux sénatoriales. Le parti compte 12 députés sur les 44 pour la ville/province de Kinshasa.

Marc Kabund qui fait désormais office de président ad intérim de l’Udps s’est investi personnellement pour dénoncer des pratiques de corruption qui auraient entachées, selon lui, ce scrutin.

Les militants udps n’ont pas que saccagé le siège de leur parti à Limete. Ils s’en sont pris également à la Permanence du PPRD, le parti de M. Kabila qu’ils accusent d’avoir manipulé les élections en général.

Des 108 membres du Sénat, 100 sont élus par suffrage indirect des députés provinciaux. La fonction de sénateur ouvre le droit à des émoluments de l’ordre de 13.000 dollars par mois. L’équipe de sénateurs arrivés fin mandat était présidée par l’ancien premier-ministre de Mobutu, Léon Kengo wa Dondo, depuis 2006. Les gouverneurs et députés provinciaux sont également en poste depuis cette date, faute d’avoir organisé les élections dans les 5 années qui suivaient leur mandat.

(c) BBP/2019/03/18/JAA

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