Dur, dur d’être le Président du Congo

La pression s’accentue sur  Félix Antoine Tshisekedi.  Jeudi, à Nairobi (Kenya), le Chef de l’Etat congolais s’est vu signifier qu’il devait prendre ses distances vis-à-vis de son prédécesseur Joseph Kabila.

Dimanche, 17/03 – D’aucun parleraient d’ingérence dans les affaires internes du Congo.  Sauf qu’il s’agit ici d’Emmanuel Macron, le très respectueux Chef de l’Etat français.  L’interlocuteur de Félix Tshisekedi lui a carrément recommandé de tourner la page Kabila.

Uhuru Kenyatta qui recevait les deux Chefs d’Etats à l’occasion du One Planet Summit ( le Sommet international sur les changements climatiques) à Nairobi, la semaine dernière, est allé lui aussi dans le même sens.

Macron veut voir Félix Tshisekedi “prendre son autonomie vis-à-vis de Joseph Kabila“.   Il lui recommande aussi de nommer, dans le futur gouvernement, le très sulfureux homme d’affaire katangais Moïse Katumbi Chapwe.  Macron veut enfin voir son homologue congolais se rapprocher davantage de Martin Fayulu, le candidat malheureux de Lamuka à la présidentielle du 30 décembre 2018.

La France n’est en réalité pas la seule puissance occidentale à mettre la pression sur Tshisekedi.  Il y a aussi les Etats-Unis.  Ces derniers proclament haut et fort leur amitié envers la RDC.  L’administration Trump envisage d’ailleurs d’instaurer un partenariat stratégique avec la RDC. Alors pour bien attirer l’attention du nouveau dirigeant congolais, le Rwanda et l’Ouganda ont été rappelés  à l’ordre.  Ils doivent cesser toute incursion dans le territoire congolais.  Tidor Nagy, le sous secrétaire d’Etat américain, en tournée en Afrique Centrale, est allé porté la bonne nouvelle aux autorités de Kinshasa le mercredi, 13 courant.

Tshisekedi entre deux feu

Des accords ont été préalablement signés entre le FCC (Front commun pour le Congo, du Président honoraire Joseph Kabila) et le CACH (Cap pour le changement, de son successeur Félix Tshisekedi) aux lendemains des élections.  Les deux plateformes victorieuses se sont ainsi engagées à former un gouvernement de coalition.

La détermination avec laquelle l’Occident semble vouloir s’opposer à voir Tshisekedi et Kabila coopérer n’est pas de nature à rassurer dans un pays  qui n’a jamais connu de passation pacifique de mouvoir entre un Président de la République sortant et son successeur.

Tshisekedi a certes le soutien des Occidentaux mais Kabila n’est pas pour autant complètement démuni.  Son FCC dispose d’une très large majorité au Parlement, tant au niveau national que provincial.  Le Chef de l’Etat sortant garde aussi le contrôle des forces armées.   Tous ces paramètres devraient amener le nouveau Chef de l’Etat à réfléchir par deux fois avant de se laisser embarquer dans une quelconque aventure.

Mais l’on ne doit pas perdre de vue que derrière ces tentatives maladroites de vouloir opposer Kabila à Tshisekedi se dissimulent à peine de gros intérêts économiques.  Joseph Kabila a signé des contrats d’exploitation de cobalt, coltan, cuivre et autres minerais stratégiques avec la Chine. Ce qui n’est pas du goût des Occidentaux.  Il est également reproché à Kabila  d’avoir augmenté la taxe sur l’exportation des minerais du Congo, de 2 à 10%.  C’est dans ce contexte assez spécial que Félix Tshisekdi devra prendre ses marques en tant que commandant à bord du navire Congo après Joseph Kabila Kabange.

©Bbp/2019/03/jaa

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