Bemba tient-il sa revange ?

L’avocat de l’ancien vice-président réclame 68 millions de dollars américains à la CPI (Cour Pénale Internationale) à titre de dommage et intérêt causés à son client, Jean-Pierre Bemba Gombo.

Bruxelles, le 13/03 – Le leader du MLC a connu plus de dix ans de prison à Scheveningen en Hollande.  Arrêté en 2008, Bemba avait été condamné, en 2016 en Première Instance, à 18 années de prison pour meurtres, viols et pillages commis en Centrafrique, d’octobre 2002 à mars 2003, par sa milice.

Jean-Pierre Bemba a été blanchi et remis en liberté par la même CPI, à la surprise générale, la veille des élections du 30 décembre 2018.

L’ancien vice-Président de la transition  de 2003 à 2006 tente manifestement de pousser plus loin son avantage.  Son avocat, Maître Peter Haynes, réclame 68 millions de dollars américains à la CPI à titre de dommages causés à son client ainsi qu’à la famille de ce dernier.  Il s’agit notamment des frais de procédure, mais aussi des biens de la famille saisis par le tribunal.

Jean-Pierre Bemba est au demeurant un riche héritier du pillage du Congo sous le régime de Mobutu.  Son défunt papa s’occupait de jurer les biens de Mme Antoinette Mobutu, la première épouse du dictateur.  Cet ancien mécanicien de Gbadelite est devenu par la suite patron de la défunte compagnie aérienne Sibe-Zaïre et multimillionnaire après la zaïrianisation qui a vu les investisseurs étrangers dépossédés de leurs biens au profit du proche entourage du maréchal.

Une décision qui fera jurisprudence

La guerre de rapine qu’il a menée par la suite contre le gouvernement de Laurent-Désiré Kabila puis celui de Joseph Kabila, va contribuer à consolider encore plus le patrimoine de M. Bemba jusqu’à son arrestation en 2008.

La Cour devra encore se prononcer sur le fond de la requête introduite par Maître Haynes, l’avocat de Jean-Pierre Bemba.  Pour  le porte-parole de la CPI, El Abdallah Fadi, il s’agit-là d’une demande présentée devant les juges qui devra être examinée.

« Selon l’article 85 du Statut de Rome, dans des circonstances exceptionnelles, lorsque la Cour constate qu’une erreur judiciaire grave et manifeste a été commise, la Cour peut, à sa discrétion, accorder une indemnité à un accusé acquitté après sa détention« , a précisé le porte-parole de la CPI.

Mais quoi qu’il en soit, la réponse réservée à  Jean-Pierre Bemba ne manquera sans doute pas de faire jurisprudence aux autres dossiers en attente à la même CPI.  Il s’agit notamment de ceux de Gbagbo et Blé Goudé, les deux dirigeants ivoiriens actuellement en liberté provisoire.

©Bbp/2019/03/13/jaa

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