Fayulu refuse de baisser les bras

La lutte continue, ne cesse d’affirmer Martin Fayulu.  Sa « victoire »,  il entend la défendre bec et ongles, jusqu’au bout.  Mais  Lumuka – la plateforme qui lui sert de soutien –  ne va-t-elle pas finir par lâcher prise ?  

Je n’ai jamais considéré M. Kabila comme Président de la République depuis 2011“,

a déclaré le candidat Lamuka samedi devant un parterre de plus de 500 personnes réunies dans l’Auditoire Q de l’Université Libre de Bruxelles (VUB).

Les partisans d’Etienne Tshisekedi, le père de l’actuel Chef de l’Etat parmi lesquels se compte Martin Fayulu, n’ont jamais reconnu la victoire, en 2011, du Président Kabila.  Ils estimaient cette fois-là comme aujourd’hui d’ailleurs que la victoire leur a été volée.

Dans les jours qui ont suivi la publication des résultats des scrutins du 30 décembre dernier, la ville de Kikwit (la plus importante dans la province du Kwilu, dans le Grand-Bandndu) a connu des troubles.  On estime à une dizaine de morts le nombre de victimes de ces troubles.  Plusieurs sources ont rapporté que ces troubles étaient le fait d’une confrontation entre les Baluba (l’ethnie de l’actuel Président) et les gens du Bandundu dont Martin Fayulu est originaire. C’est loin d’être le point de vue de Fayulu.

S’il vous plaît mes frères, ne cédez pas au piège du tribalisme“, a insisté ce dernier avant d’ajouter: “J’ai grandi à Kinshasa, je ne connais pas le tribalisme“.

L’ambivalence de la Communauté internationale

L’attitude des dirigeants du monde n’a pas été très cohérente à l’issue des élections du 30 décembre 2018.  Ces derniers ont commencé par dénoncer la « fraude » pour finir par reconnaître Félix Tshisekedi, Président légitime du Congo.

Je reconnais l’ambivalence de la Communauté internationale“, a concédé Martin Fayulu qui répondait à une question du public, “mais je crois que la responsabilité première revient à nous, peuple congolais.  Le peuple congolais est aujourd’hui matureC’est pour ça qu’il revendique (d’ailleurs) sa victoire.  C’est à nous de démontrer à  la Communauté internationale que nous ne voulons pas un dictat quelconque“.

M. Fayulu s’en est pris surtout à ses adversaires politiques au cours de cette rencontre avec la diaspora. 

Depuis que M. Tshisekedi a prêté serment, quel investisseur sérieux est venu faire les affaires au Congo?“, s’est-il interrogé.

Dans la salle, un auditeur a voulu savoir pourquoi Fayulu refuse-t-il de recourir à la lutte armée arguant que la diaspora qui envoie chaque année 10 milliards de dollars américains au pays est également capable de lui venir en aide. 

(Cette) “question m’est posée depuis que je suis en campagne.  Soldat du peuple, je vais dans la rue quand il y a manifestation.  Chacunn fait ce qu’il est capable de faire.  Soyons positifs, nous allons gagner.  Kabila est totalement affaibli. Nous avons dit que Kabila cherche des béquilles.  Il en a eu aujourd’hui (avec Félix Tshisekedi, Ndlr) mais avec la force du peuple, ces béquilles là vont tomber.  La vérité des urnes n’est (donc, Ndlr) pas un vain mot, la vérité des urnes est (tout) un combat.  Si on s’organise, on fera comprendre les opinions occidentales et ces opinions vont commencer à parler à leurs dirigeants.  (Si nous prenons les armes, Ndlr) aujourd’hui, vous allez donner raison à celui qui veut tuer (Ndlr, Kabila).

La mobilisation dans les réseaux sociaux a fait son travail.  Mais, dans la salle, on n’a vu ni Jean-Pierre Bemba, ni Moïse Katumbi qui vient de recevoir son passeport pour retourner au Congo.

Des 7 signataires de l’accord de Genève pour une candidature commune à la présidentielle du 30 décembre dernier, il n’en reste plus que 3 autour de Martin Fayulu.  Il s’agit d’Adolphe Mozitu, Mbusa Nyamwisi et Jean-Pierre Bemba. Ces deux derniers restent toutefois très discrets aux côtés du candidat malheureux.

©bibapay/2019/03/11/jaa

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