Tshisekedi donne le go de son programme

Le Chef de l’Etat a révélé ses axes prioritaires pour les 100 jours à venir. Il s’agit notamment d’infrastructures, de route et soins de Santé. Félix Antoine Tshsisekedi veut également voir revenir au pays ses compatriotes en exil pour des raisons politiques.

Bruxelles le 03/03 – Le Président Tshisekedi est monté à bord d’un tracteur de l’OVD (Office de Voirie et de Drainage) qu’il a démarré. Symbole du lancement de son programme d’urgence pour les 100 premiers jours à venir.

La cérémonie s’est déroulée, samedi, sur la Place de l’Echangeur dans la commune de Limeté, à Kinshasa, devant plusieurs personnalités politiques et une foule qui n’a pas cessé de chanter tout au long du speech présidentiel.

Le successeur de Joseph Kabila promet de réhabiliter l’éclairage dans les grands artères de Kinshasa. Il veut construire une usine à gaz à Moanda, dans le Congo Central, qui alimentera la capitale en électricité. Tshisekedi entend bâtir aussi un module de traitement d’eau, à Binza Ozone, et régler par ailleurs la question de logements et de soins de santé des militaires et de leurs familles en érigeant un Centre hospitalier sur le site du Camp Tshatshi à Kinshasa.

La lutte contre la corruption et la bonne gouvernance seront, comme promis, l’une des priorités du programme Tshisekedi. “Je veillerai à ce que la Justice soit administrée par des personnes intègres et disponibles à lutter contre la corruption“, a-t-il souligné.

Félix Antoine Tshisekedi entend signer des “contrat gagnant-gagnant“, dans le domaine minier. Comme son illustre prédécesseur, il assure rester “attentif aux doléances des opérateurs“ dans ce domaine.

Mesure de grâce pour les prisonniers d’opinion

Le programme présidentiel d’urgence sera exécuté par l’OVD ( Office de Voirie et Drainage), la multinationale pétrolière Perenco ainsi que par l’entreprise Malte Forest. Le budget total se chiffre à 304 millions de dollars américains. Il sera entièrement financés sur fonds propres.

Félix Antoine Tshisekedi n’a pas dérogé, par ailleurs, à sa promesse de libérer les prisonniers politiques. Il s’est donné dix jours pour solutionner le problème.

Pour consolider les acquis de la démocratie dans notre pays, j’ai décidé de faire de la décrispation un objectif majeur pendant mes 100 premiers jours. A cet effet, dans les 10 jours, je vais prendre une mesure de grâce présidentielle au bénéfice des prisonniers politiques ayant été condamnés par des décisions coulées par la loi en force des choses jugées. En même temps, je vais instruire le ministre de la Justice de prendre dans le même délai toutes les mesures nécessaires dans les conditions prévues par la loi pour une libération de toutes les personnes détenues pour un délit d’opinion notamment dans le cadre des manifestations politiques avant les élections.“

Les Congolais en exil ont le droit de retourner chez eux au pays.

Dans le même ordre d’idée, a poursuivi Félix Antoine Tshisekedi, je vais oeuvrer activement à créer les conditions d’un retour rapide des compatriotes qui se trouvent actuellement à l’extérieur du pays pour des raisons politiques afin qu’ils y exercent leurs activités dans le respect de la loi et des institutions républicaines.

Moïse Katumbi Chapwe qui a quitté le Congo en 2015 est censé être l’un des principaux bénéficiaires de cette grâce présidentielle même si son cas ne semble pas être des plus évidents.

L’arrière pays n’a pas été oublié dans le discours de M.Tshisekedi. Le nouveau Président a annoncé l’entame, sous peu, des plusieurs travaux : dans le Kasaï, le Bandundu, les deux Kivu et le Grand-Katanga. Le barrage de Kakobola et le tronçon routier Mongata/Bandundu-ville, font partie de ces projets prévus à l’intérieur du pays.

Aux différents groupes rebelles qui écument l’Est du Congo (soutenus pour la plupart par les pays voisins), Félix Antoine Tshisekedi a lancé un appel à déposer les armes. Pas si sûr que ces groupes et leurs maîtres vont le suivre.

Pour exécuter son ambitieux programme, Félix Antoine Tshisekedi peut compter sur son allié, le FCC, la toute puissante plateforme de son prédécesseur Joseph Kabila (plus de 330 députés sur les 500 que compte le Parlement National) avec qui le CaCh du nouveau Président à signer un accord de gouvernement. Le régime congolais est un régime semi-présidentiel.

©Bibapay/2019/03/01/jaa

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