Fayulu sera à Bruxelles ce samedi

Le candidat Lamuka à la présidentielle du 30 décembre 2018  arrive samedi en Belgique. Martin Fayulu est à la recherche des soutiens de la « Communauté internationale »après sa tournée à l’intérieur.

Les réseaux sociaux annoncent l’arrivée de Martin Fayulu Madidi pour ce samedi à 8 heures, à l’aéport de Zaventem, non loin de Bruxelles.  L’homme qui se dit « président élu du Congo » revient en Europe après avoir sillonné plusieurs villes de la République démocratique Congo au mois de février dernier.

Fayulu est visiblement déterminé à poursuivre son combat.  Il revendique  « la vérité des urnes », continue à conteste la proclamation par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante) de la victoire de l’actuel Chef de l’Etat, Félix Antoine Tshisekedi.

« On espère qu’il ne vient pas les mains vide comme Etienne Tshisekedi,(Ndlr opposant historique congolais) en son temps pour convaincre ses interlocuteurs », ironise un habitué du Parlement européen.

Lamuka, la plateforme politique qui a portéFayulu candidat à la magistrature suprême n’est plus ce qu’elle était.  Plusieurs de ses membres ont fait défection.  C’est notamment le cas de l’Ensemble pour le Changement du richissime homme d’affaire Moïse Katumbi Chapwe et Freddy Matungulu, du Congo na biso, qui ont pris leurs distances vis-à-vis de cette plateforme électorale créée quelques semaines à peine avant les élections du 30 décembre.

Effectivité du pouvoir contre vérité des urnes

Les défections se multiplient.  Un autre soutien de taille que vient de perdre Martin Fayulu, c’est celui de l’église catholique.  Cette église représente à elle seule plus de 40% de la population du Congo.  Elle n’a eu de cesse à proclamer M. Fayulu vainqueur.  Au nom de l’effectivité du pouvoir, la Cinco (la Conférence des évêques du Congo) dit cette fois ne plus privilégier la « vérité des urnes ».  Elle préfère rentrer dans les rangs et travailler avec le nouveau Chef de l’Etat peu importe les circonstances qui l’ont amené au pouvoir.  Un sacré coup pour Fayulu qui pouvait compter sur les prélats catholiques comme caution morale.

Martin Fayulu se retrouve donc isolé à l’intérieur du pays.  Il ne l’est pas moins sur le plan international.  Les Etats-Unis d’Amérique viennent en effet d’adopter une position plutôt sévère vis-à-vis de cet homme qui continue à revendiquer la victoire à la présidentielle du 30 décembre.

J.  Peter Phan dit ne pas trouver en lui la stature d’un homme d’état.  L’envoyé spécial des Etats-Unis dans la région des Grands Lacs reproche tout particulièrement Faylu d’avoir maintenu ses revendications de vainqueur en dépit du prononcé de la Cour constitutionnelle qui a déclaré recevable mais non fondé son recours devant cette institution, la plus haute en matière de Juridiction en RDC.

Les Etats-Unis d’Amérique veulent coopérer avec Tshisekedi

« Nous voulons coopérer avec le Président Tshisekedi pour voir comment nous pouvons servir la cause du Congo« , a déclaré de son côté Tibor Nagy, secrétaire d’Etat adjoint des Etats-Unis pour les Affaires africaines qui entame une tournée dans la région des Grands du 7 au 18 mars courant.

Nagy Tibor va plus loin : « C’est probablement la meilleure (élection) que le Congo ait jamais connu jusqu’à maintenant« , soutient-il dans Jeune Afrique.  Il prend partie pour Félix Tshisekedi avec qui les Etats-Unis aimerait travailler étroitement  pour tourner définitivement la page Kabila.  Joignant la parole aux actes, les Etats-Unis ont décrété des nouvelles sanctions bien plus ciblées.  Ces dernières visent de manière exclusive le camp Kabila.

« Des millions de Congolais se sont rendus aux urnes de bonne foi. La majorité des candidats eux-mêmes a participé aux élections de bonne fois, en dépit de ce que disent les analystes« , se défend-il.

C’est dans ce contexte que Martin Fayulu qui pose ses valises à Bruxelles samedi à 8 heures devra tenter de convaincre ses interlocuteurs de l’Union Européenne de son bon droit.  Il reçoit le même samedi la diaspora congolaise, mais ceci fait partie du folklore traditionnel.  L’ancien cadre de Chevron en mauvaise posture devra chercher surtout auprès de ces interlocuteurs européens des voies et moyens de renverser les rapports de forces pour relancer son combat.  C’est loin d’être gagné à l’avance.

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