Tshisekedi adoubé par ses pairs africains

Il ne pouvait pas mieux rêver. A peine venu pour sa première participation au sommet, le voilà déjà élu vice-Président du bureau de l’Union Africaine.

M. Tshisekedi a été investi Président de la République démocratique du Congo, le 24 janvier dernier. Son élection continue à faire l’objet de contestations de la part de ces anciens alliés dans l’opposition.

Sa désignation aux fonctions de deuxième vice-Président du Bureau de l’Union Africaine, par ses pairs, dimanche à Addis-Abeba en Ethiopie, ne va sans doute pas faciliter la tâche à ceux qui continuent à le combattre.

Félix Tshisekedi tient à sa passation pacifique du pouvoir avec le Président Joseph Kabila, comme gage de sa légitimation. Il s’agit de “la première alternance démocratique du pouvoir“ au Congo depuis l’accession à l’indépendance du pays, le 30 juin 1960, n’a-t-il de cesse à répéter. Il l’a fait devant les médias à Luanda, en Angola, et à Addis-Abeba, en Ethiopie, lors de son speech.

Un speech qui lui a surtout permis de mettre le doigt sur les souffrances des Congolais.

« Notre pays a tant souffert depuis qu’il est Congo. Les guerres meurtrières que nous avons vécues devraient interpeller toute l’Afrique et la conscience internationale de façon à ne point favoriser ni sponsoriser (tout acte) susceptible de faire revivre au peuple congolais les mêmes atrocités que notre pays continue d’être indéfiniment victime à cause des convoitises de nos ressources naturelles, » s’est indigné Félix-Antoine Tshisekedi.

Renforcer la politique de bon voisinage

M. Tshisekedi qui a été voir, cette semaine, ses homologues angolais, kenyan et brazzavillois avant de se rendre dans la capitale éthiopienne, pense que l’alternance démocratique que connaît actuellement le Congo, son pays, devrait aider à consolider davantage la paix, la sécurité et la construction d’un état des droits, à l’interne, et booster par delà les politiques de bon voisinage“.

Paix et sécurité surtout dans le Kivu. La région de Beni et Butembo, au Nord-Est du Congo, demeure en effet la proie à des rébellions entretenus essentiellement par des groupes rwandais (FDLR) et ougandais (ADF-Nalu). Ces groupes massacrent et pillent les richesses du Congo qui finissent par se retrouver dans les circuits commerciaux au Rwanda et en Ouganda.

Certaines études ont évalué jusqu’à 10 millions le nombre de morts dues à cette guerre de rapine qui dure depuis la fin des années 1990.

Le bureau de l’Union Africaine se constitue d’un Président, le Chef de l’Etat égyptien Abdel Al-Sissi qui succède ainsi au Rwandais Paul Kagame. Abdel Al-Sissi sera secondé par ses homologues, le Sud-Africain Cyril Ramaphosa, 1er vice-Président et le Congolais Félix-Antoine Tshisekedi, en tant que 2ème vice-Président. Le Rwandais Paul Kagame revient cette fois-ci comme rapporter du bureau.

(c)Bbp/2019/03/10/jaa

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